△nge ( Textes / Texts )

Modifiée le : 09/10/2017

Textes par ... / Texts by ... Carolyne Missdigriz , Frédérique Janssens , Otto von Schirach , Sketch my mind

"Ange, le daemon de l’image"

Ange, le daemon de l’image (Interview Feever Mag)

Ange Bruneel est un artiste caléidoscopique, touche-à-tout. Vous le connaissez peut-être en tant que collaborateur de Otto von Schirach mais il a bien d’autres cordes à son arc: vidéo, dessins, photos, expositions,…Rencontre.

Coucou, t’es qui ?

Moi c’est Ange, je vis à Bruxelles. Je suis créateur de visuels : photos, dessins, vidéos, peinture, tout ce qui touche à l’image. Je peux très bien faire du dessin et le filmer pour en créer une vidéo. Je pars de dessins que j’anime et quand je projette ça sur un mur, je refilme le résultat pour en recréer une vidéo ou une photo. Mon domaine c’est plus l’intégration de la vidéo dans l’art de la scène. J’ai fait un an de photo à St Luc, 4 ans de recherche picturale et tridimensionnelle aux Beaux-Arts de Tournai. Côté boulot : photo, perchman, cameraman, son sur vidéo, montage vidéo. Je ne travaillais qu’en surface, je n’ approfondissais jamais.

Tu te faisais tabasser par des triangles étant enfant? Ils te piquaient tes bonbecs? C’est quoi cette obsession? T’as dû te faire dépuceler par un kaleidoscope, minimum…

Cette obsession est venue en dessinant quand je suis au téléphone. À force de bosser à plein temps, je n’en trouvais plus pour créer et ce genre de dessins est devenu une espèce d’écriture automatique. Le triangle est une base assez dure en 3 points mais en les collant les uns aux autres, cela donne une masse informe et molle. Je suis plein de paradoxes, j’aime ne pas réfléchir et ne pas savoir ce qui va sortir de ce que je crée.

Donc rien à voir avec la franc-maçonnerie?

Le triangle et l’œil renvoient plus à Otto, avec qui je bosse, mais cela me correspond bien. C’est plus en rapport avec les Egyptiens et les Annunakis. On se complète avec Otto : je me charge du visuel et lui du son. Quant aux carrés et aux répétions, c’est une allusion aux buvards de lsd.

C’est quand qu’ils reviennent de Nibiru pour s’occuper de nous, les Annunakis? Ils sont de mèche avec les reptiliens?

Ils ne reviennent pas, ils sont là, ils ne sont jamais partis, ils sont dans l’angle mort.

Quand Otto n’est pas là, Ange danse ?

On revient de tournée. Depuis 2 ans et demi on a fait 15 shows et ici, on vient de faire 1 mois non-stop. Là, il est parti donc je peux penser à mes projets personnels. D’autres gens, grâce à Otto, viennent me voir pour du VJ-ing. Comme Sickboy, Dj Skull Vomit, et à une époque, Fujako. C’est chaque fois complètement différent. Je m’adapte aux artistes, je n’impose pas un style.

Des projets personnels en vue?

Une expo très bientôt basé sur un mélange de dessin et de mapping. J’ai envie d’explorer d’autres médias comme les fresques, dans le délire du streetart. Travailler en collectif m’intéresse aussi beaucoup, que ce soit avec la FarmProd, Guillaume Van Veyve et FSTN dans le domaine de la peinture et du dessin, ou encore OST (Oiseau Sans Tête) en vidéo. Cela permet de créer une réelle dynamique. Il y a 6 ans, je suis arrivé à Bruxelles pour me créer un réseau artistique, et j’ai eu un gros problème : un CDI. À présent, j’ai de nouveau du temps à consacrer à ma carrière artistique. Les bureaux, c’est fini pour moi.

Comment te définirais- tu ?

Paradoxal, fou (d’après les dires), motivé et ambitieux.

Plus sérieusement, ton travail d’artiste est-il ce qui alimente ton intérêt pour les théories extravagantes, ou est-ce ton attrait pour ces théories qui nourrit tes créations?

C’est plus un rôle, un jeu. Le mien est créé pour Otto. C’est une facette, la seule que je montre pour l’instant. Les gens ne me reconnaissent absolument pas sans masque. Pour la petite histoire, des gens savaient que je faisais le VJ au Magasin 4, mais sur scène, ils ne pensaient pas que c’était moi. Ils m‘ont demandé où j’étais.

Si tu devais te donner un nom ?

Les initiales de mon nom : ABS. Les freins, le choc amorti, ça représente assez bien ce que je fais.

Qu’est-ce qui t’a amené vers l’art?

La famille. Ma grand-mère (Mémé Bisou) avait son usine de confection et passait son temps à dessiner. Quand j’étais dans son atelier, on passait beaucoup de temps à créer, tricoter, coudre (oui, je sais faire ça aussi), etc. En dehors de ça, tout le reste de ma famille baigne dans le milieu artistique, de la musique en passant par la peinture et en trébuchant sur la restauration de meuble.

Quels sont tes références artistiques ?

Le mouvement Cobra, Basquiat, Chris Cunningham, Incorect (lillois), Dada et Otto (St-Nicolas est venu me le déposer au Magasin 4).

En fait, t’as jamais grandi ?

Complètement. Je fais les bêtises et tout ce que je n’ai jamais eu l’occasion de faire étant gamin. J’en profite à fond, surtout après certains chocs qui m’ont bloqué à l’époque. À force de perdre, j’ai eu besoin de me retrouver. Je me recrée une famille parallèle.

Qu’est-ce qui te fait bander dans le VJ-ing?

C’est un média qui se développe de plus en plus ces dernières années : je suis un grand mordu de musique et je réalise mon rêve à travers le VJ-ing. Je fais partie d’un monde auquel j’ai toujours voulu appartenir.

Qu’est-ce qui te fait bader?

Le statut. La prise de risque, qui est aussi à la fois bandante.


Auteur : Frédérique Janssens - Date : Janvier 26th, 2013